Éducation et neurosciences : éléments de réflexion


En guise de préambule...

Trois univers de recherche, qui structurent ce qu’on n’a pas le droit d’ignorer dans le domaine de la formation des enseignants (R. Goigoux)

Ces connaissances, qui deviennent des arguments pour l’action, sont issues de trois grands univers de recherche, du plus loin au plus près de l’action de l’enseignant, qui sont nécessaires aux formateurs :

  1. les neurosciences (comment marche un cerveau humain), le substrat biologique des comportements humains (à ne pas confondre avec la psychologie) ;
  2. les sciences du comportement (psychologie cognitive, psychologie du développement, psychologie sociale, sociologie…)
  3. les sciences de l’intervention (la didactique, les sciences de l’éducation, la pédagogie…)

Selon R. Goigoux, l’esprit critique du formateur doit le plus souvent possible l’amener à interroger la compatibilité entre ces trois univers, et leur domaine de validité (quelles sont les portées et limites de telle ou telle connaissance, quel est leur domaine de validité et quels sont les éventuels abus de pouvoirs générés par la vulgarisation médiatique de ces connaissances).


Pommier, Gérard. Le bonheur selon les neurosciences ou la psychanalyse, Figures de la psychanalyse, vol. 28, no. 2, 2014, pp. 109-120.

De l’harmonie du corps dépend le bonheur. Or nous avons plusieurs corps, un corps anatomique qui ne grandit que grâce à la stimulation d’un corps psychique. Comme la tension entre le corps anatomique et le corps psychique ne se résout pas, un troisième corps vient à la rescousse : un corps de rêve, celui du désir. Ce corps de rêve cherche à s’actualiser grâce à la conjonction disjonctive du masculin et du féminin qui remet le bonheur aux bons soins de la sexualité. Cet article montre que le débat entre psychanalyse et neurosciences se résume à savoir lequel des trois corps est au poste de commande. Dans ce débat, les neurosciences elles-mêmes montrent la priorité du désir, bien qu’il ne puisse se passer de son ordinateur cérébral.



Stanislas Dehaene. Apprendre à lire, des sciences cognitives à la salle de classe, Odile Jacob. Paris : 2011

« Comment faisons-nous pour lire ? Au cours des vingt dernières années, la recherche scientifique sur le cerveau et la lecture a progressé à grands pas. Nous disposons aujourd’hui d’une véritable science de la lecture. Toutefois, ces recherches restent méconnues du grand public et, surtout, des premiers concernés : les parents et les enseignants des enfants des écoles primaires.

Cette proposition est à mettre en perspective avec les apports pluridisciplinaires présentés dans une autre rubrique du site : Formation continue, enseignement-apprentissage de la lecture.



et ressources complémentaires

Cinq idées que défend Stanislas Dehaene, l'éminence grise de Jean-Michel Blanquer. France culture, 12 janvier 2018
Cinq idées que défend Stanislas Dehaene, l'éminence grise de Jean-Michel Blanquer. France culture, 12 janvier 2018
Les neurosciences prennent-elles trop de place à l’école ? France culture, le 14 avril 2018
Les neurosciences prennent-elles trop de place à l’école ? France culture, le 14 avril 2018